COMMENT RECONCILIER LES AFRICAINS AVEC LES ASSURANCES ?

January 13, 2024

Je voudrais qu’ensemble, nous envisagions de réfléchir au développement des marchés des assurances des pays émergents en commençant par la RDC et l’Afrique mais pas exclusivement.

J’ai observé, et c’est l’objet de ma récente réflexion, que les assurances, qui sont la quatrième industrie mondiale et un des principaux bailleurs de fonds du développement dans le monde, sont encore méconnues en Afrique.

Avec un taux de pénétration d’à peine 2 % contre 7% ailleurs, l’Afrique fait figure de parent pauvre de ce secteur.

Cette réalité, plutôt que de nous décourager, doit au contraire nous stimuler et nous inciter à fournir encore plus d’efforts pédagogiques pour convaincre les prospects africains à devenir des assurés.

Pour cela, nous devons explorer avec courage plusieurs pistes dont les principales sont détaillées ci- dessous :

1) L’intérêt de certains produits d’assurances pour les populations africaines ?

2) L’accessibilité en termes de coût des produits?

3) La redevabilité des procédures administratives en amont et en aval en cas de sinistre ou d’autres évènements durant la vie du contrat (modification, rachat, résiliation, sinistre…)?

4) La communication des assureurs

Après cette première phase exploratoire, qui nous conduira jusqu’au mois de mai, à raison d’un thème par mois à compter du 15 février, nous allons ensuite aborder la dimension produit.

Il est à peu près clair que les africains ont plusieurs demandes non explicitées par manque d’un canal de communication entre les assureurs et les consommateurs potentiels.

Les faiblesses des études marketing presque toutes conçues selon des modèles occidentaux, pour ne pas dire coloniaux, ne favorisent pas la lecture.

L’Afrique doit se réinventer y compris sur le plan actuariel pour envisager autrement ses risques endogènes et spécifiques que l’on ne peut comprendre qu’à travers un prisme nouveau.

Les tables de mortalité ou les logiques des produits de santé qui s’appuient sur des études cliniques d’autres continents ne peuvent pas nous convenir, pas plus que des assurances agricoles influencées par des logiques climatiques comme la grêle alors que nous avons plus à redouter en Afrique des invasions des criquets où des récoltes malveillantes ne sont pas de nature à rendre notre discours audible auprès de notre cible.

Cette analyse, sous forme de proposition des nouveaux produits, nous occupera tout au long du second semestre avec pour le mois de juin une étude sur les assurances agricoles en Afrique avec des pistes d’innovation et des logiques mathématiques nouvelles.

En juillet, nous aborderons le vaste sujet des assurances des personnes que nous allons scinder en trois parties.

Juillet : les assurances retraites ou la garantie des revenus stables après le cycle de vie professionnelle en Afrique dans un contexte où très peu de personne cotisent et surtout où l’approche de la durée n’a pas la même signification technique et symbolique qu’ailleurs.

En août, nous aborderons les assurances en cas de vie en essayant d’aborder les stratégies à mettre en place pour créer la confiance dans la durée car la vraie difficulté réside là, les africains ne veulent pas se projeter, à leur décharge très peu de compagnies africaines peuvent décliner une longévité telle que cela puisse servir de référence.

A ce propos, nous pourrons d’ailleurs envisager d’introduire le thème du contrôle et des moyens de ce contrôle en zone CIMA et hors zone CIMA en septembre.

Nous bouclerons enfin en octobre notre trilogie sur les assurances des personnes avec une livraison spéciale sur ce que beaucoup de théoriciens des assurances africaines considèrent comme le produit miracle, l’assurance décès ou plutôt sa dimension obsèques.

Les deux derniers mois de l’année seront enfin consacrés l’un aux assurances de responsabilité

notamment les produits obligatoires et le dernier aux assurances du commerce international couplé

avec l’assurance des transports et marchandises transportées.

Cette première série de 12 publications constituera notre contribution en 2024 à l’écosystème que

constituent les assurances en Afrique et dans les pays émergents. L’ensemble de ces sujets, et

d’autres non encore abordés, pourront toujours faire l’objet d’une réédition en 2025 ou d’une

nouvelle édition en fonction de vos retours et/ou des vos demandes car nous voulons cette « news letter » comme une plateforme de discussion dynamique où les argumentaires peuvent se faire et se défaire au gré de vos commentaires.

Nous partons du principe que toutes les bonnes idées pour le développement du marché des assurances en Afrique sont aussi bonnes pour le développement du continent.

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